Obligations · Comptabilité

Livre des recettes : ce que la loi exige vraiment (et les 5 erreurs qui coûtent cher)

C'est la seule obligation comptable du micro-entrepreneur, et c'est aussi la plus négligée. Un registre mal tenu ne se répare pas après coup : en cas de contrôle, il est écarté, et l'administration reconstitue ton chiffre d'affaires à sa façon. Voici les règles, et ce qui les fait tomber.

Le micro-entrepreneur échappe au bilan, au compte de résultat et à l'expert-comptable obligatoire. En échange, la loi lui impose une chose, une seule : tenir un livre des recettes, chronologique et détaillé.

C'est peu. C'est aussi le premier document qu'un contrôleur demande.

1. Ce que le registre doit contenir

Pour chaque encaissement, cinq mentions sont exigées :

Le tout doit être chronologique, sans blanc ni rature. Si tu exerces plusieurs activités de nature différente, tu dois pouvoir les distinguer, puisque les taux de cotisation et les abattements diffèrent.

2. Le registre des achats : pour qui, exactement

Un second registre s'impose, mais seulement aux activités de vente de marchandises, de fournitures, de denrées à emporter ou à consommer sur place, et aux prestations d'hébergement.

Il recense chaque achat, avec sa date, sa référence, le fournisseur, le montant et le mode de règlement. Un consultant, un graphiste, un formateur n'y sont pas tenus.

3. Le format : ce que la loi n'exige pas

Contrairement à une idée tenace, aucun logiciel certifié n'est imposé au micro-entrepreneur en franchise de TVA. Un tableur, un cahier relié, un outil en ligne : tout est accepté, dès lors que les mentions y figurent et que le document ne peut pas être altéré discrètement.

Deux nuances importantes :

4. Les cinq erreurs qui rendent un registre inopposable

Erreur 1 — enregistrer la date de facture au lieu de la date d'encaissement. Le micro fonctionne sur les encaissements. Une facture de juin payée en juillet appartient à juillet. Se tromper de logique décale tout le registre et fausse toutes les déclarations.

Erreur 2 — globaliser. Écrire « ventes du mois : 4 200 € » n'a aucune valeur. Le détail par opération est exigé. La seule tolérance concerne les ventes au détail de faible montant à des particuliers, qui peuvent être regroupées par jour.

Erreur 3 — reconstituer le registre a posteriori. Un registre rempli en une soirée à partir des relevés bancaires est, par construction, non chronologique. C'est visible immédiatement, et c'est ce qui déclenche la remise en cause.

Erreur 4 — oublier les encaissements hors virement. Espèces, chèques, paiements par plateforme, cagnottes : tout encaissement se déclare. Et pour les plateformes, c'est le montant brut payé par le client qui compte, avant commission.

Erreur 5 — ne pas conserver les pièces. Le registre renvoie à des justificatifs ; sans eux il ne prouve rien. Factures, tickets, relevés : la conservation est de dix ans pour les documents comptables. Le registre lui-même se conserve aussi longtemps.

5. Ce que tu risques vraiment

L'absence de registre, ou un registre jugé non probant, ouvre la voie à une reconstitution du chiffre d'affaires par l'administration, à partir de tes relevés bancaires et de tout indice disponible. La charge de la preuve bascule : c'est à toi de démontrer que l'estimation est fausse.

S'y ajoutent les redressements de cotisations et d'impôt, les majorations, et les intérêts de retard.

À l'inverse, un registre tenu au fil de l'eau prend quelques minutes par semaine, et transforme un contrôle en simple formalité. C'est probablement le meilleur rapport effort/risque de tout le régime.

Un registre conforme, déjà prêt

Le Pack d'outils contient un livre des recettes au format Excel, conforme aux mentions obligatoires, plus un registre des achats et 36 autres modèles utilisables immédiatement.

Voir les 38 modèles

Questions fréquentes

Le livre des recettes est-il vraiment obligatoire ?

Oui, pour tous les micro-entrepreneurs sans exception. C'est la seule obligation comptable du régime, prévue par l'article L.123-28 du Code de commerce. Le registre des achats s'y ajoute pour les activités de vente et d'hébergement.

Un fichier Excel suffit-il ?

Oui, tant que tu bénéficies de la franchise en base de TVA. Aucun logiciel certifié n'est imposé : un tableur, un cahier ou un outil en ligne conviennent, dès lors que les mentions obligatoires y figurent et que le document ne peut pas être altéré discrètement.

Faut-il inscrire les factures impayées ?

Non. Le registre enregistre les encaissements, pas les facturations. Une facture non réglée n'y figure pas et ne génère aucune cotisation. Elle y entrera le jour où elle sera payée, à sa date de règlement.

Peut-on regrouper plusieurs ventes sur une seule ligne ?

En principe non : le détail par opération est exigé. Seule tolérance, les ventes au détail de faible montant à des particuliers peuvent être regroupées par jour. Globaliser un mois entier rend le registre non probant.

Combien de temps faut-il conserver le registre ?

Dix ans, comme les autres documents comptables, avec l'ensemble des pièces justificatives auxquelles il renvoie. Un registre sans ses justificatifs ne prouve rien en cas de contrôle.

Que risque-t-on avec un registre mal tenu ?

L'administration peut l'écarter et reconstituer elle-même ton chiffre d'affaires à partir de tes relevés bancaires. C'est alors à toi de prouver que son estimation est fausse. S'y ajoutent redressements, majorations et intérêts de retard.

Article publié le 20 août 2026. Les chiffres cités correspondent aux règles en vigueur à cette date : article L.123-28 du Code de commerce, article 286 du Code général des impôts. Pour une analyse de ta situation précise, le RDV Expert 1h te met en relation avec un expert-comptable inscrit à l'Ordre.